La maternité de Bernay nous manque profondément. Nous avons combattu sa fermeture, soutenu les mobilisations citoyennes et nous restons attachés à ce symbole fort : le droit pour les femmes d’accoucher près de chez elles, dans leur ville.
Mais nous avons aussi le devoir de dire la vérité. Sa réouverture immédiate serait aujourd’hui un leurre sans engagements fermes de l’État, de l’Agence Régionale de Santé et sans équipes médicales spécialisées (gynécologues, anesthésistes, sages-femmes). La fermeture de la maternité n’est pas un accident local : elle est le résultat d’une politique nationale de restructuration hospitalière, soutenue depuis des années par celles et ceux qui, aujourd’hui encore, accompagnent ces choix budgétaires. On ne peut pas soutenir ces orientations au niveau national et promettre localement l’inverse.
Cette fermeture a des conséquences très concrètes et parfois dramatiques. Des jeunes femmes bernayennes doivent désormais parcourir plus de 30 kilomètres pour accoucher, vers Lisieux ou Évreux. Certaines accouchent chez elles, non par choix mais faute de solution accessible à temps. D’autres ont accouché sur le bas-côté de la route. À cela s’ajoute un stress immense pour les futures mamans et leurs familles.
Au-delà de ces situations humaines, cette décision a aggravé le désert médical et affaibli l’attractivité de notre territoire. Les habitants sont attachés à un service public de proximité. Lorsqu’un territoire perd sa maternité, il envoie un signal négatif aux jeunes ménages qui envisagent de s’y installer. Or nous voulons précisément accueillir de nouvelles familles à Bernay.
Les vraies urgences aujourd’hui #
Si nous voulons sauver durablement l’hôpital de Bernay, nous devons d’abord défendre ce qui est immédiatement menacé :
- la chirurgie H24, avec une astreinte orthopédique permanente,
- les urgences H24,
- la cardiologie équipée (SCOP).
Protéger ces services, c’est préserver des emplois, maintenir un plateau technique digne de ce nom et empêcher le déclassement progressif de notre établissement.
Nous refusons un « hôpital de proximité » au rabais, vidé de sa chirurgie. Bernay mérite un hôpital capable de soigner réellement, avec des équipes stables et des moyens adaptés aux besoins de la population.
L’EHPAD : l’autre urgence silencieuse #
La situation des EHPAD est également préoccupante : suppressions de lits, augmentation des tarifs, vétusté des bâtiments. Nous nous engageons à maintenir les capacités d’accueil, à rénover les structures existantes et à développer des habitats collectifs pour seniors afin de lutter contre l’isolement. La dignité de nos aînés n’est pas négociable.
Notre horizon réaliste et ambitieux #
La santé n’est pas une ligne comptable : c’est un choix de société. Notre responsabilité est d’être à la fois lucides et déterminés. En rendant Bernay plus attractive grâce à notre programme — notamment en attirant de jeunes populations — nous créerons les conditions démographiques et médicales nécessaires pour rouvrir le dossier de la maternité et exiger son retour auprès de l’ARS et de l’État.
En 2026, la santé sera notre priorité absolue. Nous agirons aux côtés des soignants et des habitants, avec sérieux et constance, loin des promesses magiques mais avec une volonté politique claire : défendre et reconstruire un véritable service public de santé à Bernay.